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 Au crépuscule d'une vie... (to be continued)

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Vargas
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MessageSujet: Au crépuscule d'une vie... (to be continued)   Sam 6 Oct - 18:22

Il est des hommes qui vivent et meurent, il est aussi des hommes qui jamais ne meurent. Oh non, je ne vous parle pas d'homme dont la vie ne peut-être arrachée, de tels hommes n'existent pas, mais au contraire d'hommes qui, par leurs actes, par leur foi, par leurs idées ou le chemin qu'ils suivirent durant toute leur vie restent à jamais vivant dans les légendes, dans les souvenirs.

Celui dont je voudrais vous conter la vie, n'avait rien d'un héros, rien d'un homme prédestiné à marquer de son emprunte l'esprit de ceux qui devinrent ses amis, il n'était qu'un voyageur, un homme dont la quête de savoir et de force n'avait d'égal que l'amour qu'il portait à son prochain.

Cet homme, jamais je ne l'oublierais, lui qui fut tout, et qui pourtant, ne fut rien, à la fois jour et nuit, immense et minuscule, deux opposés complémentaires qui marquèrent ma vie.

Je n'étais qu'un étranger moi aussi, étranger aux us et coutumes d'un village si souvent pillé qu'il n'avait eu pour dernier recours que d'en venir à l’extrémité déshonorante qu'était le recours à l'étranger, pourtant, sans ce besoin, sans ces pillards, jamais je n'aurais pu apprendre, jamais je n'aurais pu vivre et conter, aujourd'hui, son histoire.

Cet homme qui, en ma mémoire est aujourd'hui encore bien vivant, se nommait Katsumoto no Yushiro. Il était alors le chef de village qui devait, lorsque l'automne approchait, voir ses gens peu à peu dépérir suite aux raids des pillards. Bien sur, ils avaient lutés, bien sur, ils avaient combattus, de tout leur cœur, de toute leur âme, mais que pouvaient de pauvres fourches et quelques âmes contre des centaines d'hommes décidés à piller, violer et tuer? Bien peu de choses sinon offrir un tribu mirobolant pour garder un semblant de paix.

C'est en plein cœur de l'été que je remarquais, alors que mes pas m'avaient menés aux portes de l'auberge, une note, bien maigre, qui tenait en quelques mots, couchés sur le papier d'une écriture à la fois fine et distinguée, que le vent et les pluies d'été avaient en partie effacée.

"A vous qui lirez ceci, le village de Sinanju a besoin de votre aide. Nous ne pouvons vous promettre fortune pour cette tâche, mais il est des récompenses qui valent bien plus que de l'or."

Pendant un temps, je restais, figé, devant cette courte note. Du bout des doigts, je vins frôler le vélin, à en juger par sa rudesse, cette note se devait être là depuis longtemps déjà, sans que nul n'y ai prêté attention. Mais il est vrai qu'en notre époque, bien peu se souciaient de leur prochain, plus rares encore étaient ceux qui le faisaient si la récompense à la clef ne leur permettait pas de vivre, et, avant que cette curiosité ne me prenne, j'étais de ceux là.

D'un pas lent, hiératique, je me glissais dans l'auberge, ombre parmi les ombres, alcoolique au milieu de ses frères, mercenaire en mal d'argent qui venait, l'espace d'un instant, oublier ses soucis devant une bière. Alors que Célina, la barmaid, s'approchait de moi, son usuel sourire commercial sur les traits, je branlais légèrement du chef, afin de la saluer. Je devais lui reconnaître, malgré les dures années à servir, tantôt l'alcool, tantôt les hommes, une grande beauté que le temps n'était parvenu à briser, un charme que les années avaient, de leurs griffes, façonné, que la fatigue, si marquée fut-elle, ne parvenait à ternir.

Comme à chacune de mes visites, qui peu régulières fussent-elles, la taverne était bondée, emplie de sa faune usuelle, bonne ou mauvaise, ce qui offrait à la jeune femme du travail en tout temps, elle qui travaillait là depuis bien avant que je n'y mette les pieds la première fois, voila plus de quinze ans de cela.

A l'époque, je n'étais qu'un freluquet sans autre ambitions que de prouver à tous ma valeur, détrônant en chaque ville le champion afin de marquer ma suprématie. Mes pas, alors que la fatigue me gagnait, m'avaient mené en l'auberge dite 'Des âmes damnées', auberge qui n'était alors que de taille modeste, où l'on s'arrêtait à peine le temps de se restaurer. C'est là pour la première fois que je rencontrais cette femme alors d'une beauté telle que malgré la fumée des pipes, malgré la luminosité parcimonieuse que les torches dispensaient, guerrières éphémères contre un ennemi immortel, l'endroit rayonnait de mil feux.

Ce soir là, j'avais une fois de plus défait le champion de la ville, et pourtant, n'avait gagné en cela que nombre de blessures, les lames pardonnent rarement, et quelques pièces d'or, de quoi survivre quelques semaines en me montrant économe. Non seulement avais-je reçu d'elle un repas copieux, mais aussi des soins qui n'avaient avant cela jamais été prodigués de la sorte, avec tant de professionnalisme que de bonté.

Peut-être vous demandez-vous si nous avons été amants au fil du temps? Et bien, je ne puis dire que je n'aurais apprécié cela, cependant, il est des conjonctures, des sentiments, que l'on ne peut taire, et je ne puis cacher le respect infini qu'en quelques heures à peine elle avait si bien su faire naître, et conserver au fil des années. A l'époque déjà, non contente de chasser les soucis le soir venu par l'alcool et les danses, elle aidait le jour au dispensaire, veillait la nuit sur le sommeil des plus démunis qui trouvaient, en son sous-sol, chambres sommaires mais gratuites, à l'abri des dangers et des intempéries.

Mais là n'était pas le but de mon histoire, n'est-il pas? Revenons en donc à cette note, et à l'échange que je pus avoir à ce sujet avec Célina, lorsqu'elle put enfin, pour quelques instants, se reposer derrière le comptoir.

- Bien le bonsoir votre rousseur impériale!

Lui lançais-je, comme bien à chaque fois, surnom qu'elle devait à sa flamboyante chevelure et à sa distinction toute naturelle, surnom qu'elle n'appréciait guère, qui, les premiers temps, m'avait valu regards dédaigneux et grognements, puis, à mesure que les liens se tissaient, d'affectueux coups de pattes qui, parfois, faisaient entrer, l'espace d'un instant, quelque raison sous l'épaisseur de mon crâne, le plus souvent accompagné d'un petit rire mutin.

- Bonsoir Gregor, répondit-elle d'une voix lasse, presque éteinte.

- Que puis-je faire pour toi ce soir? As-tu encore été te jeter dans la gueule du loups et en est revenu blessé?

Comme souvent lorsque je revenais en ces lieux après une absence plus ou moins longue, absence qui faisait suite à une mission acceptée dans l'auberge même, je sentis sur moi son regard inquisiteur, plus perçant que celui d'un aigle, un regard d'une telle intensité qu'il pouvait, au gré des sentiments de sa propriétaire, prodiguer caresses ou coups, apporter paix ou crainte insoutenable.

- Point du tout, ma bonne amie! Rétorquais-je, sourire aux lèvres, avant de glisser sur le comptoir une bourse bien pleine, avant de souffler, dans un murmure: - Pour ce que tu sais, je sais que toi plus que quiconque en fera bon usage.

Telle une prestidigitatrice, la tenancière fit disparaître la bourse en l'une de ses caches secrètes, son visage alors fendu d'un sourire fugace et sincère, sourire que j'aurais aimé la voir arborer plus souvent, mais tout comme les fleurs, il ne durait qu'un bien court instant.

Depuis quelques années déjà, depuis que j'avais pu asseoir ma renommée en tant qu'aventurier et mercenaire, je participais à l'aide qu'elle offrait si généreusement aux plus démunis. L'aide n'était que financière, mais je faisais au mieux avec les dons qui étaient les miens.

Demandez à un ours de sauver une fourni, le malheureux y mettra peut-être toute son envie, toute sa bonne volonté, mais il ne parviendra le plus souvent qu'à écraser le pauvre insecte qui n'avait pas mérité un tel sort.

- Je souhaiterais en savoir plus sur l'offre qui trône sur la devanture, celle que le temps a partiellement effacée, envoyée par le village de Sinanju. Toi à qui bien peu de choses échappent, pourrais-tu éclairer ma lanterne sur les besoins de ce village? Et sur l'ancienneté de cette demande?

Je plongeais mon regard, si particulier de par son hétérochromie, regard fait de turquoise et d'émeraude, au cœur du sien, un regard aux couleurs du ciel d'azur que nul nuage n'a jamais osé souiller de sa présence. Durant un instant, elle garda silence, le temps de tirer de sous le massif comptoir, une copie de la note, accompagnée de quelques signes de sa composition.

- La demande fut posée peu après l'hiver, avant même que les dernières neiges ne fondent, me dit-elle, tout en nous servant une chopine d'un vin léger qu'elle affectionne, vin fait de roses qu'elle prélève en sa roseraie, avant de continuer, non sans avoir prélevé une minuscule gorgée.

- Le village est un village pauvre, à la frontière japonaise. Le messager qui fut dépêché était épuisé, j'en ai déduit qu'il avait du chevaucher non stop, de plus, à en juger par son épaisseur, ses atours et sa monture, le village est probablement pauvre, voir très pauvre. Tu n'es pas le premier à me poser des questions sur cette offre, mais la plupart, après avoir reçu les informations que je viens de te confier abandonnent jusqu'à l'idée de s'y intéresser, qu'en est-il pour toi?

A mon tour, je gardais silence un instant, afin de me délecter d'une longue gorgée de ce précieux alcool qu'elle ne vend pas, non, elle le partage. Ce nectar là est le sien, qu'elle garde jalousement. Alors seulement je répondis après avoir pesé mes mots.

- Et bien... Tu es la reine des causes perdues n'est-il pas? Et j'ai pu gagner bien plus d'argent que je n'en aurais imaginé grâce à notre rencontre voila bien des années, et à ton choix de réunir ici-même les demandes de ceux et celles qui ne peuvent, à eux-même, rendre les services dont ils ont besoin. En d'autres temps, je n'y aurais pas prêté attention il est vrai, mais aujourd'hui les choses ont changés.

Un maigre sourire étira mes traits, oui, les choses avaient tant changé, j'avais tour à tour était l'étranger, le combattant avide de gloire, l'aventurier, le mercenaire, aujourd'hui, j'étais connu, reconnu, et pourtant, j'aspirais à autre chose, la preuve en était que la plupart de mes gains s'en allaient dans les mains de Célina, pour qu'elle en fasse bon usage.

- Tu me dis penser le village pauvre, et qu'à ce jour nul n'a répondu favorablement à leur demande... Dis-je, fermant les yeux un instant, songeant, sous le couvert de mes paupières, à ce qui serait le mieux à faire. Lorsque je rouvris les yeux, elle m'adressa un regard et un sourire qui en disait long! Diable de femme, elle connaissait déjà ma réponse.

- Tu es dors et déjà résolu à t'y rendre n'est-ce pas? Même avec un coursier frai tout les jours, il te faudra compter un bon mois de voyage tu sais. Aussi, je te conseillerais de mander l'aide des coursiers du Shadow express. Avec leur aide, tu devrais y être dans une semaine, tout au plus, bagages compris.

Qu'est-ce que la Shadow express, vous demandez-vous peut-être? Il s'agit d'une compagnie bien étrange, certains la disent menée par de puissants mages, qui offre aux voyageurs des voyages extrêmement rapides, à la condition d'y mettre le prix, mais à nouveau, revenons-en à nos moutons.

Sa voix était calme, posée, comme elle l'avait toujours été, emprunte de cette compassion qu'elle portait à autrui. Alors que j'ouvrais la bouche pour lui demander des provisions et, si possible, de quoi leur apporter un soutient logistique pendant quelques jours, elle détendit le bras et posa l'index sur mes lèvres, avec un 'chuuuuut!' rieur.

Elle m'adressa un clin d’œil avant de récupérer son doigt et de boire une nouvelle gorgée de son breuvage, pour continuer sa diatribe.

- Je sais ce que tu vas me demander. Des vivres, des couvertures, de l'eau afin de pouvoir leur venir en aide. Rassures-toi, tout sera prêt à l'aube pour ton départ. De ton coté, si je puis me permettre, prévois de quoi te défendre, et les défendre. Si la rumeur est vraie, leur pauvreté ne vient pas de leur terre, mais de ceux qui leur arrache le pain de la bouche. Toi et Liberté ne serez pas de trop afin de les aider.

-Je ferais également ajouter à tes bagages quelques armes blanches, de sorte que tu puisses, si besoin est, former quelques personnes au combat. Oui oui, je sais, je vais un peu vite en besogne, mais puisqu'ils vont recevoir l'aide du meilleur épéiste des royaumes et de l'un des meilleurs stratèges, autant mettre tout cela à profit, ne crois tu pas?

A mesure qu'elle avait exposé, ma mâchoire, comme bien souvent avec elle, s'était ouverte sur un 'oh' silencieux. Elle avait un réel don pour savoir comment elle ou telle personne allait réagir, et parvenait le plus souvent à prévoir leurs demandes, si tant est qu'elles soient raisonnables et qu'elle soit suffisamment proche de la personne qui pouvait les formuler.

Je n'avais guère rien de plus à dire puisqu'elle avait tapé dans le mil, aussi, je me contentais d'incliner le chef, afin de confirmer ses dires. Cela fait, je sortis une nouvelle bourse, plus petite, que je déposais. Il n'était pas question qu'elle puise sur les réserves destinées aux nécessiteux pour préparer le nécessaire.

Vive comme l'éclair, elle détendit le bras pour refermer mes doigts sur la bourse, avant de secouer lentement la tête de gauche à droite.

- Garde ça, tu en auras peut-être besoin par là-bas. Les marchands errants ne sont pas si rares, et Dieu seul sait ce dont tu pourrais avoir besoin une fois sur place. Depuis plus de cinq années, tu laisses ici la plupart de tes gains, quand bien même je les utilise à bon escient, sache-le, je pourrais sans peine employer quatre à cinq personnes à plein temps pendant plusieurs années sans manquer de ressources, alors rassures-toi, l'or qui sera déboursé pour préparer ton voyage ne manquera pas, tâches simplement de faire bon usage de ces ressources, mais plus encore de régler les problèmes de ces gens, voila tout ce que je te demande.

Une main, dans la salle, s'était levée pour l'appeler, aussi notre conversation fut-elle stoppée. Instinctivement, je portais la main sur le pommeau de Liberté, ma gardienne, mon amie, celle qui, depuis quelques années, malgré quelques balafre, se trouvait à mes cotés. Je savais également qu'au dernier étage, une chambre attendait, celle que j'avais louée à vie, afin de pouvoir, lorsque le sommeil venait à me prendre en ces lieux, me reposer paisiblement. La chopine avalée, j'avais donc pris l'escalier discret qui menait au dernier étage, celui des invités permanents.

J'ouvris la dernière porte du couloir, sur la droite. Il y avait, en tout et pour tout, sous le toit, six chambres modestes, et pourtant, jamais je ne m'étais senti si bien en un lieu qu'ici. La chambre ne comportait que peu de choses: un lit, une table de nuit, une minuscule fenêtre, un râtelier, une commode et une cache, et pourtant, l'on m'aurait offert un palais que je ne m'y serais pas senti mieux.

Porte fermée, j'avais installé Liberté sur le râtelier, puis, je m'étais délesté de ma vêture, pièce par pièce, jusqu'à ne garder qu'un boxer avant de trouver la ferme douceur du lit.

Un long moment, mon regard fut posé sur le toit, un fin sourire sur les lèvres. Je savais que je n'avais pas à m'inquiéter du voyage, Célina aurait réglé cela avant l'aube, je n'aurais alors qu'à partir, l'esprit léger des soucis mais résolu à la tache, vers le village de Sinanju, afin de découvrir par moi-même ce dont il retournait, après tout, j'en avais eu l'envie et elle avait su me motiver plus encore en faisant appel à mes idéaux chevaleresques, autant en profiter pleinement.

L'aube s'en vint bien après que Morphée ne m'ait abandonné, comme à chaque fois que je partais en mission, le sommeil m'avait abandonné très tôt. Je n'étais pas resté couché à rien faire, non, au contraire, je m'étais levé, pour trouver Célina en plein travail, à guider, de ses gestes, de sa voix, ceux et celles qui s'occupaient de charger les véhicules qui me serviraient de moyen de transport.

Lorsqu'elle réalisa que je l'observais, elle se retourna promptement, à ma grande surprise, je dois bien l'avouer. Rares étaient ceux et celles apte à ressentir un regard sur eux, plus rares encore ceux qui avaient la faculté de trouver l'origine du regard, et elle... Le faisait aussi naturellement que si elle avait eu, dans le dos, un troisième oeil qui l'avait guidée.

Elle s'approcha, féline. A en juger par son air, elle n'avait pas encore fermé l’œil, ce qui attira, de ma part, une grimace. Bien sur, je savais depuis longtemps qu'elle était très attachée à son métier, et très attentionnée, mais là... C'était trop, remettre le départ d'une ou deux heures n'aurait pas été mortel que diable!

- Déjà levé? Me demanda-t-elle alors que d'un pas souple elle m'avait dors et déjà rejoint. J'inclinais légèrement la tête, avant de répondre.

-Comme cela fut, est et sera toujours le cas avant de partir en mission, l'ami Morphée ne veut guère de sa présence me gratifier. Un sourire fugace éclaira ses traits alors qu'elle me tendait un écrin.

- Qu'est-ce? Demandais-je, sans réelle curiosité, voila bien un défaut dont j'avais presque réussit à me débarrasser, cette curiosité maladive qui plus d'une fois me causa bien des troubles, me laissant, alors que je n'étais qu'un débutant, aux portes de la mort.

- Il n'est qu'une façon de le savoir, mon garçon, me murmura-t-elle, me faisant plisser les yeux, voila bien des années qu'elle ne m'avait gratifié de ce surnom.

J'étais alors un tout jeune aventurier stupide et insolent, qu'elle avait, à sa façon, aidé à grandir. Elle du réaliser que ce surnom m'avait atteint, puisque son regard, l'espace d'un instant, se fit rieur.

- Et tu la connais aussi bien que moi, cette méthode. Ne fais pas cette tête voyons, on croirait voir, non plus l'épéiste de renom, mais un jeune garçon qui de la vie ne sait encore rien. Si tel était le cas jadis, aujourd'hui, je suis fière de ce que tu es parvenu à devenir, rares peuvent changer leur destin, mais toi... Force est de constater que tu y es parvenu.

Mes doigts coururent sur l'écrin, découvrant de la sorte les reliefs, les vallées et les monts de ce trésor qui m'était confié. Après quelques instants, j'ouvris pour sentir, sous mes doigts, la douceur de... De quoi exactement? Il y avait des mailles métalliques, sous les faibles lueurs, je remarquais un éclat argenté, à l'une de ses extrémités, cependant, était particulièrement douce. Je m'approchais d'une torchère plantée là pour pouvoir, après en avoir régalé mes doigts, observer ce qui se trouvait, là, caché encore, par l'obscurité. Sous mes yeux, qui, sur l'instant, devinrent aussi ronds que des billes, se trouvait un collier, fait d'argent, aux mailles gravées de runes, un travail d’orfèvre, porteur d'un pendentif très particulier. réunis en une boucle, protégée à l'arrière d'une plume aux teintes de la nuit, à l'avant d'une simple perle, une mèche de cheveux flamboyant se trouvait. Je n'avais rien ni d'un magicien, ni d'un sorcier, mais je me doutais que cette mèche venait de Célina, doutes confirmés lorsqu'elle prit entre index et majeur une mèche courte, assez épaisse, qui s'arrêtait à un pouce à peine de son cuir chevelure. Son sourire était plus chaleureux que de coutume. Malgré moi, ma mâchoire tomba, de surprise, de stupeur, sa si belle chevelure, amputée pour moi? Mais pourquoi?!

Je m'approchais d'elle, après avoir refermé la bouche, puis me préparais à parler, avant qu'elle ne pose la main sur mon visage, pour couvrir la bouche et murmurer:

- Tu as accepté une mission sans rémunération ou presque, pour l'honneur, tu mérites amplement ce présent. Le chargement est terminé, regarde. Tu en as pour une semaine de voyage, tâche de ne pas rouiller jusque là. Il y a de quoi boire et manger pour subvenir aux besoins d'une cinquantaine de personnes durant un mois environ, et des armes pour une dizaine, cela te fera une bonne base. Ce collier te portera chance, mais ne va pas jouer ta vie pour le garder, entre lui et ta peau, choisit ta peau, lui peut se reforger toi...

Un instant, son regard se voila, elle en avait vu mourir plus d'un au cours de sa chienne de vie, et ne s'était jamais faite à cette idée, l'idée qu'une vie jeune, forte, puisse s'éteindre aussi facilement que la flamme d'une chandelle... De gestes mécaniques, emprunts de mélancolie, elle s'empara du collier et, impérieuse, me le passa au cou, avant de tapoter ma joue droite pour poser un baiser sur la joue gauche. Puis, avec un léger sourire, elle désigna la calèche, noire comme la nuit, le cocher, presque invisible malgré l'aube naissante, tirée par six chevaux tout aussi sombres.

- A présent, il est temps. Fait attention à toi, puisse la légende continuer à vivre après cette mission.

La légende? De quelle légende parlait-t-elle? Je l'ignorais, mais m'inclinais, comme j'avais appris à le faire pour elle, droit, mon front s'en vint presque toucher mes tibias, avant que je ne me redresse, mais déjà, elle avait tourné les talons, sans nul doute pour aller se reposer. J'aurais été un rien plus 'malin', j'aurais alors compris que son départ, si rapide, n'était pas du à Morphée, mais au fait qu'elle n'aimait toujours pas les 'au revoir', et leur préféré un 'je suis rentré'. D'un pas lent, main posée sur le pommeau de ma protectrice, je montais dans la calèche, en route pour mon destin.
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